Interview Adrien Tomas

AVT_Adrien-Tomas_2133Adrien Tomas

Avant d’être un auteur de fantasy de référence en France, Adrien Tomas fut éleveur d’anémones, chasseur de tortues ou cuisinier dans un restaurant de flammekuches. Aujourd’hui lauréat du Prix Imaginales en 2012, il est publié aux éditions Mnémos.

 

Bibliographie des romans :

  • La Geste du Sixième Royaume, 2011.
  • La Maison des Mages, 2013.
  • Notre-Dame des Loups, 2014.
  • Le Royaume Rêvé – Le Chant des Épines, T.1, 2016.
  • Le Royaume Éveillé – Le Chant des Épines, T.2, 2017.

 

Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

Comme tout le monde j’imagine, à l’école ! J’ai plus ou moins toujours eu pas mal d’imagination, et j’ai fait mes premières armes dans les rédactions et textes d’invention de mon parcours scolaire. En parallèle, j’écrivais à moitié des romans pas forcément très bien ficelés (j’en ai quand même terminé un de quelques 300 pages quand j’avais 14 ans)…

Ensuite, je pense que c’est internet qui est devenu mon terrain de jeu : j’ai écrit pas mal de roleplay en ligne, sur des forums où j’incarnais des personnages issus de mon imagination.

J’ai fini par me lancer dans l’écriture de « vrais » romans, dans mon coin et à l’origine pour me distraire, jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit publié…

Quels sont les auteurs que vous aimez lire ? Votre livre de chevet ?

En fantasy et SF, mes préférés sont David Gemmel, David Eddings, Margaret Weis et Tracy Hickman et Orson Scott Card. Mon livre de chevet est Enchantement, de ce dernier auteur, une histoire absolument géniale de belle au Bois dormant en pleine Russie médiévale, avec voyage dans le temps, sorcellerie, batailles épiques et romances à la clé !

Depuis que je suis publié, j’ai aussi découvert pas mal d’excellentes plumes francophones : Gabriel Katz, Samantha Bailly, Olivier Gay, Camille Brissot, Morgane Caussarieu, Fabien Cerutti, Stefan Platteau, j’en passe et des meilleurs…

Et sinon, mon plaisir le plus absolu est de lire Agatha Christie et d’essayer de découvrir qui est le coupable avant Hercule Poirot ou Miss Marple… Mon taux de réussite doit avoisiner les 5%, mais je persévère !

Comment en êtes-vous venu à être publié par les éditions Mnémos ?

En empruntant la voie la plus traditionnelle qui soit : j’ai envoyé mon manuscrit au service lecture des Éditions Mnémos, ils l’ont lu, ils ont aimé, et ils m’ont rappelé. J’ai rencontré mes éditeurs pour la première fois au Salon du Livre de Paris en 2011, tremblant comme une feuille, et ils m’ont proposé de signer chez eux, ce que j’ai évidemment accepté… et je ne le regrette pas le moins du monde !

Vous avez reçu la consécration avec votre premier ouvrage en remportant le Prix Imaginale 2012… alors heureux ?

Extatique ! Recevoir le prix Imaginales, l’un des plus prestigieux dans le domaine, décerné par des grands noms du milieu lorsqu’on est un auteur débutant qui vient à peine de publier, c’est un privilège et une chance incroyables. Je n’en reviens toujours pas aujourd’hui – heureusement, le trophée qui trône dans mon salon me rappelle régulièrement que je n’ai pas rêvé.

C1-Notre-dame-des-loupsNotre-Dame des loups est roman à mi-chemin entre la fantasy et le western, d’où vous est venue l’inspiration ?

Honnêtement, du titre. J’ai pensé à ce nom en promenant des chiens de la SPA avec une copine qui me parlait de chiens-loups, il y a quelques années. Sans trop savoir pourquoi, ce titre m’est arrivé en tête, et je le trouvais assez classe. A l’époque, je l’avais dans un coin de ma tête sans savoir le moins du monde ce que j’allais en faire.

Et puis à force d’y penser, je suis passé de loups à loups-garous, puis balles en argent, puis révolver, puis tireur d’élite, puis cowboy, puis « tiens si je faisais des cowboys qui chassent des loups-garous », puis je me suis lancé dans l’écriture.

Chaque chapitre se concentre sur l’un des personnages, comment avez-vous construit les personnalités de chacun ?

J’ai essayé de leur donner une personnalité distincte, liée à leur histoire, sans pour autant en faire des clichés ambulants. Würm et Evangeline étaient les personnages mystérieux par définition, qu’on devait découvrir par petites touches, tandis que Billy Winters, Jack ou Jonas étaient plus « évidents », et leurs traits de personnalité et leurs histoires pouvaient être dévoilés en premier – tout en laissant une part de mystère à dévoiler plus tard.

J’ai tenté d’éviter de créer un groupe lié par l’amitié, qui me semblait trop simple et pas assez intéressant, et j’ai préféré me concentrer sur le sens du devoir, le respect et l’obsession, plus sombres mais donnant lieu à des interactions à mon sens plus profondes. Les Veneurs se tolèrent les uns les autres parce qu’ils le doivent, pas parce qu’ils sont amis et aiment faire des balades à cheval ensemble.

Quant à Notre-Dame des Loups, elle était intentionnellement gardée en filigrane tout au long de l’histoire, pour renforcer la tension finale.

J’ai particulièrement été surprise et fascinée par le personnage d’Evangeline, y en a-t-il un que vous avez affectionné en particulier ?

J’avoue que ma préférence va à Billy Winters, que je trouve touchant d’innocence et de bonne volonté. Il entretient avec Jonas et Jack une sorte de relation père-fils très dysfonctionnelle, que je trouve intéressante. Je n’aimais pas du tout l’idée de ce personnage au début de la rédaction, et au final il a pris une place considérable dans le roman (son chapitre est le plus long) et c’est pratiquement le seul qui amène une touche positive et lumineuse, l’opposant à des personnages écrasés par l’amertume et l’obscurité.

Pouvez-vous me parler en quelques mots de chacun des livres que vous avez publiés ?

La Geste du Sixième Royaume, mon premier roman, raconte comment cinq personnages hors du commun vont être « attirés » au sein de l’immense forêt couvrant le centre du continent et recevoir la lourde charge de la défendre contre les royaumes voisins souhaitant la voir disparaître.

La Maison des Mages se passe trois siècles plus tard, et raconte comment la magie, jusqu’alors détenue par les Sœurs de l’Étoile grise, se « démocratise » soudain et est enseignée à tous dans les Maisons des Mages, des institutions offrant conseil, sécurité et éducation à ceux qui se dévouent à elle. Évidemment, tout n’est pas rose : les Sœurs ne voient pas l’arrivée de ces « concurrents » d’un très bon œil, et la Maison semble dissimuler pas mal de secrets…

Le Chant des Épines, en trois tomes (le dernier est normalement pour 2018), se déroule presque 1000 ans avant la Geste (et donc 1300 avant la Maison des Mages). Il raconte la fondation du royaume nordique d’Evondia, quelques décennies après la fin de la guerre de libération des esclaves humains de leurs maîtres Elfes. La jeune reine Ithaen va rassembler autour d’elle des « Épines », une sorte d’unité d’élite de jeunes gens aussi idéalistes et volontaires qu’elle pour sécuriser son royaume et le protéger des agressions intérieures comme extérieures. Là encore, tout ne va pas se dérouler comme prévu…

Livres

Y a t-il des thèmes qui vous tiennent à cœur quand vous écrivez ?

Tout ce qui me passe par la tête ! Je parle souvent d’écologie et de nature, qui sont des thèmes extrêmement importants à mes yeux, mais je m’essaie aussi à parler d’histoire, de religion, de féminisme ou de logique…

Avez-vous des projets d’écriture ?

Terminer le dernier tome du Chant des Épines ! Ensuite, j’ai quelques projets d’écriture jeunesse, SF et Urban fantasy, on verra bien ce qui me tente en premier…

Une dernière chose, Adrien Tomas juste après J.R.R. Tolkien dans un rayon fantasy, ça fait quoi ?

C’est la classe intersidérale.

Un grand merci à l’auteur !

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2 réflexions sur “Interview Adrien Tomas

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