Mother!

 mother-Genèse apocalyptique de la création

Dérangeant, perturbant, hermétique...ce n’est clairement pas l’esprit tranquille que l’on ressort du dernier film du non moins célèbre Darren Aronofsky. Touché par les thèmes de l’autodestruction, de la création dans la douleur et du religieux dans sa filmographie (Requiem for a dream, The Fountain, Black Swann et plus récemment Noé), il propose ici avec Mother! un film combinant à nouveau ces sujets à travers un long-métrage plus difficile d’accès.

Si de prime abord, l’on pourrait s’attendre à un thriller comme le laisse suggérer la bande-annonce, c’est sans compter le génie de Darren Aronofsky. Très vite, le spectateur comprend que rien de ceci n’est réel et qu’il convient de pénétrer dans une métaphore. Mais à quelle fin ? Là sera toute la question du long-métrage : réussir à comprendre où veut en venir le réalisateur et réussir à capter les détails et le peu de clefs, lancées telles des aiguilles dans une botte de foin.

Construit en huit-clos dont l’action se déroule dans une maison qui semble isolée de tout et de laquelle le personnage de Jennifer Lawrence est incapable de sortir, cette jeune femme apparaît comme l’inspiration artistique de son mari, interprété par Javier Bardem. Et le film semble alors entièrement filmé de son point de vue à elle.

En psychologie, la maison représente l’état d’esprit d’une personne où chaque pièce a une signification particulière. Darren Aronofsky nous induit néanmoins en erreur en nous faisant croire que l’on sillonne l’esprit de Jennifer Lawrence alors qu’il s’agit en réalité de celui de Javier Bardem. L’ensemble du film apparaît alors comme la métaphore de la création artistique, de la naissance d’une idée, à sa construction jusqu’à sa réception. On y perçoit alors une critique des médias et du fanatisme, mais aussi le besoin insatiable et addictif de reconnaissance de l’artiste, comme une drogue. Finalement on y voit une mise en abyme du « ça » de Freud, cette part inconsciente et refoulée de l’homme dont l’artiste extériorise les pulsions via l’art (ce que Freud nomme la sublimation). Mais par extension, c’est également une métaphore de la Création divine, tant les références religieuses sont pléthores.

En somme, ce film montre la folie et le génie de Darren Aronofsky. Impressionnant, mais sibyllin.

 


Fiche technique

Réalisateur(s) : Darren Aronofsky
Casting : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris, Michelle Pfeiffer…
Genre :  Thriller
Pays :  Américain

Synopsis

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité.

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2 réflexions sur “Mother!

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